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Envie d’être assistant social – Housing First

Publié la première fois sur inforjeunes.be

 

Tu es intéressé par les métiers qui privilégient le contact humain ? Le public des personnes sans-abris ainsi que toutes les sphères liées (ex : assuétudes, santé mentale, …) t’intéressent ? Infor Jeunes a décidé de te donner un aperçu du travail dans ce secteur professionnel spécifique et d’aller à la rencontre de Jeremy Blondelet, assistant social.

En quoi consiste ta profession ?

Je suis assistant social pour le projet Housing First à Namur. Le but du projet est de reloger des personnes sans-abris de longue durée. Le logement est vu comme un outil et non comme une finalité en soi.

Avant, on était confronté à un paradigme où il fallait passer par toute une série d’étapes et répondre à des critères comme le sevrage. Dans ce modèle-là, il y a avait souvent des échecs et les démarches n’aboutissaient pas toujours. Maintenant le principe est que quand une personne sans abris vient dans le projet et rentre dans un logement, il voit un assistant social qui va l’accompagner dans ses démarches comme aller à ses rendez-vous, meubler son appartement, aller voir le médecin, le CPAS et ce, en fonction de ce que la personne apporte comme demande. Au tout début, le but est souvent que la personne se remette en ordre niveau mutuelle, revenus, … Le logement est souvent une situation stressante pour les personnes avec parfois des complications comme des contentieux avec les voisins. Le rôle de l’équipe est donc surtout de soutenir et d’accompagner afin que la personne puisse retrouver une certaine stabilité et un certain pouvoir d’agir.

Comment es-tu parvenu dans ce milieu professionnel ?

J’ai commencé par des études à l’université en tant que psychologue et je cherchais un métier où j’étais en lien avec des personnes. Donc j’ai commencé mes études d’assistant social. J’ai fait plusieurs stages, notamment dans une école de devoirs, dans un centre d’alphabétisation, dans de la prévention des maladies sexuellement transmissibles ciblé public migrants, … Mais j’ai toujours voulu faire des stages dans le secteur des assuétudes. Mon premier travail était au comptoir d’échanges de matériel d’injection à Namur. Le projet Housing First a alors commencé l’année de mon engagement et ils cherchaient des personnes qui avaient une expérience avec le public des sans-abris. Mon service était partenaire du projet et c’est ainsi que je m’y suis retrouvé car j’avais une bonne accroche avec le public.

Quelles sont les particularités à travailler avec ce public ?

C’est un public où il y a beaucoup de problématiques différentes. Ils passent beaucoup de temps en rue, certains ont des gros soucis de santé mentale, d’assuétudes, etc. On loge des personnes qui connaissent un long parcours en rue et qui souvent ont de grosses problématiques difficiles à gérer. C’est un travail sur le très long terme et il n’y a pas de résultat toujours tout de suite. On fait petit à petit. Le fait de remettre les personnes en logement, c’est la base de la dignité humaine et les premiers résultats apparaissent dès la mise en logement de la personne car elle s’y sent en sécurité et elle peut s’y reposer contrairement à la rue. On constate ainsi souvent une nette amélioration des personnes une fois qu’elles sont en logement : elles vont avoir moins de pathologies, moins d’urgences, …

Quels sont les aspects positifs et négatifs de ton travail selon toi ?

Le premier c’est que le boulot est excessivement varié. On est amené à faire de tout : aller chez le médecin, aller au CPAS pour obtenir un revenu, chercher un emploi, aider les personnes à renouer des liens avec la famille, etc. C’est ça le plus chouette dans ce travail. J’aime avoir de nouveaux défis, découvrir de nouvelles choses et ce travail n’est pas monotone. Dans chaque situation, on se retrouve avec de nouvelles choses à faire. Par exemple, pour des personnes plus âgées, on va les aider à avoir le revenu de la pension par rapport à une personne plus jeune où on va se diriger vers d’autres sources.

De plus, c’est un travail qui a beaucoup de sens, qui est fort en raccord avec mes valeurs et qui va à l’encontre des paradigmes habituels. Ici nous estimons que « Tu es un être humain et tu mérites un logement ».

Quant aux points négatifs, c’est un travail qui peut être stressant car on est dans des situations compliquées parfois avec des pathologies graves telles que la schizophrénie et nous sommes donc confrontés à la difficulté de les résoudre. Parfois ces situations peuvent être frustrantes.

Trouver du logement ce n’est pas toujours évident. Déjà pour une personne normale ce n’est pas évident mais des personnes de notre public qui ont des revenus du CPAS, là il ne reste plus grand-chose. Trouver un logement c’est un défi en soi.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune qui souhaite s’orienter dans ce milieu professionnel ?

C’est un milieu très intéressant mais très confrontant, notamment au niveau des idées reçues sur la santé mentale, les assuétudes, … C’est bien d’y aller sans à priori et de se dire que : tout ce que j’en sais n’est pas forcément vrai. Ainsi je démarre à partir d’une page blanche. Les personnes ont peut-être beaucoup de problèmes mais elles sont comme tout un chacun des personnes qui veulent avoir une maison, une vie de famille, … On est souvent loin de l’image qu’on peut voir dans les médias ou via les politiques.

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